Pourquoi faut-il valoriser l’échec dans l’entreprise ?

Ils ont échoué, et alors ? Pour beaucoup de salariés et d’entrepreneurs, cette expérience douloureuse peut servir de tremplin vers une vraie réussite. Valoriser l’échec, c’est entretenir la créativité.

Photo by Jose Silva from Burst

Quand Pauline Laigneau, la co-fondatrice de Gemmyo, un site de vente et de création de bijoux, a été invitée à s’exprimer au FailCon, une série de conférences dédiées à l’échec, elle a accepté bien volontiers.

Se remettre en question

Objectif de cette tribune : permettre à des manageurs de confesser leurs plus beaux accidents de parcours.

“Deux ans avant de lancer mon entreprise actuelle, j’avais déjà lancé une société qui a lamentablement échoué. Mais j’en ai tiré des leçons et je me suis remise en selle un an plus tard avec un projet qui me correspondait davantage. Il ne faut pas diaboliser l’échec car il ne signifie qu’une seule chose, que l’on a pris un risque” – Pauline Laigneau, co-fondatrice de Gemmyo

Si aujourd’hui, tout lui sourit, Pauline Laigneau le doit aussi à ses échecs, dit-elle. « Au FailCon, j’ai ainsi choisi de parler d’un autre échec beaucoup plus personnel, à savoir le concours de l’ENA, qui a été un vrai moyen de me remettre en question. J’avais fait de grandes études pour faire plaisir à mon père mais ce n’était pas ma voie. Le jury m’a rendu service et j’ai arrêté les études pour entreprendre. »

L’échec, un premier pas vers la réussite

Avant de lancer Meetic, en 2002, Marc Simoncini n’a-t-il pas lui aussi échoué ? À 22 ans, il a lancé CTB, sa première société spécialisée la création de sites Minitel, et fait faillite au bout de trois ans ! Denys Chalumeau, lui, aurait dû devenir millionnaire en revendant le site Promovacances le 10 septembre 2001. Le lendemain, la transaction était annulée après l’attentat sur les Twin Towers de New York et il déposait le bilan. Il a néanmoins bien rebondi en créant le site seloger.com qu’il a cédé dix ans plus tard pour 650 millions d’euros !

D’autre exemples existent dans bien d’autres domaines. Pensons à tout ce qui a été découvert grâce à certains échecs : du vaccin contre la rage à l’Amérique, ce pays qui, justement, ne stigmatise pas l’échec.

Faire de l’échec un atout

Deux conférenciers américains, John Danner et Mark Coopersmith ont d’ailleurs publié en 2015 un livre baptisé « The other F Word » – que l’on pourrait traduire par « L’autre gros mot », en français – dans lequel ils démontrent que l’échec est un véritable atout. En effet, on n’apprend pas à marcher sans tomber. Non seulement il ne faut pas en avoir honte mais, mieux encore, un manageur peut transformer ses erreurs, et celles de ses équipes, en futures réussites…

Valoriser l’échec pour mieux manager

« Mes échecs m’ont aidée à mieux manager, confirme Pauline Laigneau. Je les partage et j’accepte aussi mieux les erreurs des autres si elles nous permettent de rebondir. » Car l’échec se vit aussi en équipe et un vrai leader se reconnaît aussi par la posture et le comportement adoptés en cas d’échec. Sans rejeter la faute sur quiconque en particulier, il invitera chacun à analyser ses écueils, non pas pour punir mais pour se relever avec une équipe soudée.

Ne pas stigmatiser l’échec permet ainsi de ne pas scléroser l’innovation : quoi de pire en effet, après une déception, que d’avoir peur de prendre des risques ?



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