Covid-19 : comment gérer le travail en horaires décalés ?

Le travail en horaires décalés va-t-il s’étendre dans les entreprises ? Pour protéger leurs salariés, les employeurs sont invités, depuis le 11 mai et le déconfinement, à revoir certains emplois du temps. Quelques conseils.

Les entreprises n’ont pas le choix : elles doivent désormais répondre aux exigences posées par le « protocole de déconfinement » du ministère du Travail qui définit de nouvelles règles d’hygiène, afin de limiter au maximum tout risque de contamination.

Parmi les mesures encouragées par le gouvernement : s’assurer que tous les salariés n’arrivent pas en même temps, même lorsque les locaux sont assez spacieux pour accueillir tout le monde. « Le travail en horaires décalés permet à la fois le maintien de l’activité et la sécurité des effectifs, résume Philippe Wagner, cofondateur de Captain Contrat, une plateforme de services juridiques et administratifs pour les TPE-PME. Il ne s’agit pas de passer à du travail de nuit ou le dimanche, mais plutôt de lisser les arrivées et les départs des salariés, afin qu’ils évitent les heures de pointes dans les transports en commun, ou qu’ils n’arrivent pas tous et se croisent dans les couloirs au même moment. »

Faire des avenants aux contrats de travail

Cette mesure n’augure donc pas une révolution. Car, en pratique, un employeur pourra envisager des arrivées individuelles décalées de dix à quinze minutes. Mais, selon le nombre de collaborateurs, il devra forcément demander à certains d’arriver plus tôt, ou plus tard.

Première recommandation : vérifier si des horaires de travail fixes sont précisés dans les contrats de travail des salariés concernés.

“En général, ce n’est pas le cas pour les cadres. Mais si des horaires précis sont stipulés, il faudra alors proposer, même pour une durée limitée, un avenant au contrat de travail” – Philippe Wagner, cofondateur de Captain Contrat

S’appuyer sur le CSE pour gérer le travail en horaires décalés

Même si aucun avenant ne s’avérait nécessaire, l’employeur devrait toutefois respecter les règles liées à la durée de travail – c’est-à-dire pas plus de onze heures consécutives sur une journée – et éviter de grands bouleversements comme des durées de pauses déjeuner trop longues. « Cependant, il ne décide pas seul, et devra peut-être s’adapter au fil des semaines », insiste Philippe Wagner.

L’idée est de s’appuyer sur le CSE, le comité social et économique, l’instance de représentation du personnel dans les entreprises comptant plus de 11 salariés. « Dans le contexte actuel, il y a un pragmatisme qui s’impose, et l’idée de travailler en bonne intelligence et en concertation. D’un côté, l’employeur doit réfléchir aux salariés qui doivent travailler ensemble et aux équipes qu’il souhaite former. De l’autre, il s’agit de prendre en compte les questions de transport et certaines obligations familiales impérieuses. »

Maintenir les échanges en ligne

Pour autant, l’organisation en horaires décalés n’est pas toujours synonyme d’isolement supplémentaire. « Même s’ils ne sont plus dans le même bureau et ne travaillent plus exactement en même temps, les échanges en ligne continuent, relève l’expert. Il faudra aussi songer à des plateformes pour échanger ou passer les consignes ou les informations sans se voir. »

Pour partager des informations autrement que par e-mail, de nombreuses applications peuvent déjà faciliter le quotidien. Outre des outils collaboratifs comme Dropbox, Google Drive ou Google Agenda, une plateforme de communication collaborative et de gestion de projets comme Slack a déjà réuni en ligne des millions de salariés dans le monde, depuis son lancement en 2014. Pour les grandes réunions, les applications Zoom et Google Meet n’ont, normalement, plus de secret pour les collaborateurs déconfinés rompus à l’exercice, grâce à leur expérience du télétravail. Et il n’est pas interdit de les utiliser, de temps en temps, pour célébrer une réussite ou le plaisir de se retrouver autrement au bureau…



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