Start-up studio : qu’est-ce que c’est ?

En plein essor, le start-up studio, distinct des incubateurs ou des accélérateurs, « industrialise » la création de start-up.

Image par Austin Distel de Unsplash

Créer des start-up en série et lancer plusieurs projets en parallèle. Ainsi peut être résumée la vocation des start-up studios, un modèle développé il y a une vingtaine d’années aux États-Unis et dont de plus en plus de structures se revendiquent en France.

«Ils sont généralement montés par deux ou trois associés, très expérimentés et complémentaires, qui sont souvent d’anciens entrepreneurs. La plupart des start-up studios se positionnent sur une verticale, le numérique ou les biotechnologies par exemple, en  lien avec l’histoire des fondateurs », précise Pierre Gillet, responsable du fonds French Tech Accélération chez Bpifrance, qui investit dans ce type de structures.

Start-up studio, une forte implication dans les projets

Distinct d’un incubateur ou d’un accélérateur, d’autres institutions d’accompagnement des jeunes pousses, le start-up studio est plus impliqué dans les projets sur les plans financiers et opérationnels. « Il faut le voir comme un fondateur à part entière de la start-up », explique Pierre Gillet.

Lorsque le studio identifie un besoin de marché, il réfléchit à la manière de l’adresser et regarde l’écosystème existants. Il peut alors approcher de toutes jeunes start-up en phase de démarrage qui adressent déjà la problématique

 

Pierre Gillet, responsable du fonds French Tech Accélération chez Bpifrance

Les idées de projet peuvent venir soit directement de l’équipe du studio soit être identifiées en externe. « Ils font de l’idéation interne ou peuvent aller chercher des technologies dans des laboratoires ou intégrer des projets existants. Lorsque les associés du studio identifient un besoin de marché, ils réfléchissent à la manière de l’adresser et regardent l’écosystème existants. Ils peuvent alors approcher de toutes jeunes start-up en phase de démarrage qui adressent déjà la problématique », détaille le responsable du fonds French Tech Accélération.

L’équipe du studio est ensuite directement impliquée dans le développement de la start-up. Elle va mettre à disposition des ressources financières et humaines pour valider le projet, recruter l’entrepreneur pour le porter, déterminer l’offre à lancer, structurer l’équipe de la start-up qui, au bout d’un certain temps, a vocation à prendre son autonomie. « La suite logique est généralement la réalisation par la start-up de levées de fonds auprès d’investisseurs en capital-risque. Elle prend son indépendance, le studio devient de moins en moins opérationnel et ses associés se retrouvent dans une position plus traditionnelle d’investisseurs, où ils l’accompagnent sur le plan stratégique plutôt qu’opérationnel », détaille Pierre Gillet.

Des atouts pour accélérer le développement des jeunes pousses

Au niveau économique, le modèle du start-up studios est de lever des fonds pour financer le développement de leurs start-up, dans lesquelles ils prennent des parts avec pour objectif d’obtenir un retour sur investissement lors de leur cession. Et si le fonds French Tech Accélération investit dans ce type de structures, c’est parce qu’elles ont plusieurs atouts pour faire émerger et grandir des start-up.

Leur modèle permet d’abord aux porteurs des projets de se concentrer à 100 % sur leur développement plutôt que de consacrer beaucoup de temps à chercher des financements. « L’avantage du studio est qu’il a la capacité financière pour accompagner les projets dès le démarrage et sur plusieurs mois voire plusieurs années », souligne Pierre Gillet. Les projets bénéficient en outre du savoir-faire, de la connaissance du marché et du carnet d’adresse de l’équipe du start-up studio. « Ils profitent de l’expérience des associés dans la création d’entreprise, de leur réseau et de leur connaissance de l’écosystème dans la verticale sur laquelle ils se positionnent », expose le spécialiste. De quoi booster le développement des projets et expliquer l’intérêt pour ce modèle. Marble Studio pour les Climate Tech, Imagination Machine pour les projets à impact, e-Founders dans le numérique, Argobio sur les Biotech, OSS Ventures sur l’industrie 4.0, ils sont aujourd’hui plusieurs dizaines à fonctionner en France, sur de très nombreuses thématiques.