Sécurité : sensibiliser les jeunes embauchés

Parce qu’elles sont statistiquement plus susceptibles d’être victimes d’accident du travail, les jeunes recrues doivent faire l’objet d’une attention particulière sur les enjeux de sécurité.

Image de Diana Polekhina par Unsplash

Le constat est inquiétant. Les jeunes recrues, qu’elles le soient du fait de leur âge et/ou au sens d’une embauche récente, sont particulièrement vulnérables au travail. Selon le ministère du Travail, « près de 15 % des accidents graves et mortels surviennent au cours des trois premiers mois suivant l’embauche et un quart des accidents du travail concerne des salariés ayant moins d’un an d’ancienneté dans l’entreprise ».

Cela s’explique aisément. Les plus jeunes et en particulier les apprentis manquent d’expérience professionnelle et n’ont pas toujours conscience des risques associés au métier. Cela peut conduire à des drames. En 2021, 37 jeunes de moins de 25 ans avaient ainsi perdu la vie à la suite d’un accident du travail. Quel que soit son âge, un collaborateur nouvellement intégré dans l’entreprise connaît moins bien son fonctionnement, il découvre son environnement de travail, les équipements, les méthodes et les procédures utilisés. Une situation qui peut l’exposer plus fortement au danger.

Sécurité : sensibilisation et formation

En tant qu’employeur, il est donc important de porter une attention particulière à la santé et la sécurité des nouveaux embauchés en mettant en place des actions de prévention spécifiques à leur égard. La sensibilisation et la formation de ces nouveaux collaborateurs aux enjeux de sécurité au travail mérite d’être intégrées au dispositif mis en place pour les accueillir. Différents moyens peuvent être utilisés.

Il peut être utile tout d’abord de désigner une personne au sein de l’équipe à qui il incombera d’assurer l’accompagnement des nouveaux venus sur ces questions-là. Cela fait partie des recommandations établies par l’Assurance Maladie-Risques Professionnels et les organisations professionnelles du BTP : créer une fonction d’accueillant, tuteur en santé et sécurité au travail, et le former.

Des outils sur lesquels s’appuyer

Des outils ont également été développés pour aider les entreprises à mieux garantir la sécurité de leurs jeunes collaborateurs et nouvelles recrues. Le ministère du Travail propose par exemple un mémento, rappelant les bons réflexes à adopter avant et pendant l’accueil d’une jeune. Il s’agit par exemple de vérifier en amont de sa venue que le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) est bien à jour et que le tuteur est à même de remplir sa mission.

Il « doit être en capacité de repérer les dangers, analyser les risques et transmettre cette information au jeune qu’il accompagne », précise le document. À son arrivée, le jeune doit être informé des consignes de sécurité et du règlement intérieur, être formé aux risques et doté des équipements de protection individuelle nécessaires, rappelle également ce document synthétique.

L’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) propose également différents outils pour s’assurer de la bonne formation des nouvelles recrues, à travers une démarche baptisée « TutoPrév’ ».

« La finalité est de permettre au nouveau salarié de mieux protéger sa santé et celle des autres et être acteur de la prévention des risques professionnels en entreprise », précise l’organisme. Il met par exemple à disposition sur son site des planches illustrées permettant de vérifier la capacité du nouveau salarié à identifier les risques associés à différentes situations de travail. Cet outil a été développé pour une douzaine de secteurs d’activité, comme la réparation automobile, les métiers du bois, l’hôtellerie restauration ou le BTP. Une version interactive, sous forme de quizz, est également disponible.