Recruter après une mission d’intérim : quels avantages et quels inconvénients ?

L’intérim, un tremplin vers le CDI ? C’est possible. Une embauche peut s’avérer pertinente, mais recruter après une mission d’interim, cela implique-t-il les mêmes conditions ? 

Image par Leon de Unsplash

Il n’est pas exceptionnel qu’une entreprise tombe sur la perle rare. À l’issue de la mission, qui ne peut excéder dix-huit mois, l’employeur peut proposer un poste au salarié intérimaire. « Ce n’est pas la règle bien sûr, mais cela peut parfois arriver, notamment sur des postes opérationnels ou de production », constate Alexandra Despres, directrice au département social du cabinet Michel Creusot, membre du groupement France Défi.

L’experte rappelle toutefois que le recours à l’intérim est strictement encadré par le Code du travail et doit répondre à un besoin ponctuel (remplacement, temporaire, accroissement de l’activité, emplois saisonniers…). « Même si dans l’usage, à l’instar du CDD, pour de plus en plus d’entreprises, il est aussi un moyen de tester un salarié… », nuance-t-elle.

Recruter après une mission d’intérim, l’avantage de l’expérience

Selon Alexandra Despres, le principal avantage de recruter après une mission d’intérim est la connaissance du salarié de l’environnement de travail. « L’intérim permet d’évaluer les compétences du salarié et d’apprécier son adéquation au poste et son intégration relationnelle au sein de l’entreprise. » Une connaissance qui nécessite cependant un certain temps.

Pour bien connaître un salarié, cela prend bien souvent plus d’un an Au bout de 18 mois de mission d’intérim, vous avez des garanties sur la personne. Sur une mission plus courte, cela reste beaucoup plus aléatoire et risqué

Alexandra Despres, directrice du département social de Michel Creusot

Un processus délégué à l’agence d’intérim

Un autre avantage pour l’entreprise utilisatrice est de s’épargner le long processus de recrutement. Diffusion d’annonces, tri des CV, entretiens… cette étape peut s’avérer aussi fastidieuse que chronophage. D’autant plus si l’entreprise ne dispose pas d’un département RH dédié. « Tout le travail de ciblage aura finalement été délégué en amont à l’agence d’intérim dont l’objectif est de trouver les compétences et le profil adaptés au poste au sein de son vivier de candidat. Pour l’entreprise, cela peut représenter un gain de temps non négligeable », note Alexandra Despres.

Attention à la  période d’essai

Le recrutement d’un salarié à l’issue de sa mission d’intérim répond aux mêmes risques qu’un recrutement classique. « Dans tous les cas, on parle d’individus, prévient l’experte. L’intérim ne garantit pas un meilleur recrutement. Une fois le CDI en poche, on ne sait pas comment se comportera la personne. C’est commun à tout recrutement en CDI. »

Par ailleurs, l’entreprise ne pourra généralement pas compter sur une période d’essai après la titularisation. « Les missions d’intérim réalisées au cours des trois derniers mois au sein de l’entreprise sont décomptées de la période d’essai. Cette période devra également être prise en compte dans le calcul de l’ancienneté du salarié nouvellement embauché », précise Alexandra Despres. Si le poste confié est différent de celui occupé au cours de la mission, une période d’essai peut cependant être prévue.



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