Postures sédentaires au travail : les recommandations de l’INRS

Le maintien prolongé d’une posture sédentaire peut être néfaste pour la santé des salariés et constitue un vrai enjeu de santé au travail.

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Pour travailler sur un ordinateur, en réunion, pour effectuer des tâches minutieuses sur une chaîne d’assemblage, la posture assise est très courante dans le quotidien de nombreux salariés. Si elle vient rarement à l’esprit quand on s’interroge sur les risques professionnels, elle peut pourtant contribuer à des problèmes de santé. « Cette posture, dès lors qu’elle est maintenue dans le temps et associée à une très faible dépense énergétique, peut avoir des conséquences délétères sur la santé », avertit ainsi L’Institut National de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS). Considérant les postures sédentaires comme un « réel enjeu de santé au travail », l’Institut met plusieurs ressources à disposition sur son site pour aider les employeurs à prévenir les risques qui y sont liés.

Posture sédentaire : en lien avec de nombreuses pathologies

Ces-derniers sont nombreux. Des études ont ainsi montré que l’exposition aux postures sédentaires peut favoriser le développement de maladies cardio-vasculaires et être mise en lien avec le développement de certains cancers. Elles accroissent également les risques de développer de l’obésité et du diabète de type II. Elles peuvent aussi jouer dans les troubles musculo-squelettiques comme les lombalgies et entraîner des effets sur la santé mentale. Il importe donc que les entreprises les intègrent dans leur démarche de prévention des risques professionnels.

Comme toujours en matière de santé et de sécurité au travail, il faut pour cela commencer par évaluer le risque et s’interroger sur le degré d’exposition de ses salariés, les postes plus ou moins concernés. Pour une évaluation précise, il est possible de les interroger directement, via des questionnaires et de compléter par une observation du quotidien de travail.

Différentes mesures peuvent ensuite être prises en vue de limiter les risques. « Il s’agit de favoriser la rupture des postures sédentaires, idéalement toutes les 30 minutes, et de limiter la durée cumulée, idéalement à moins de 5 heures par jour », précise l’INRS.

Alterner les tâches et les postures

Cela peut passer par des mesures organisationnelles à commencer par le fait d’encourager les collaborateurs à faire des pauses actives régulières. Il est aussi parfois possible de repenser l’organisation des tâches de manière à alterner des missions qui s’accomplissent en posture sédentaire et d’autres où les salariés peuvent se lever et se déplacer. Certains appels téléphoniques peuvent ainsi se passer debout plutôt qu’en restant assis à son bureau. « Une réflexion sur l’organisation des réunions dans l’entreprise peut aussi être déployée », propose l’INRS. Certaines d’entre elles pourraient ainsi être réalisées debout voire, quand elles se font en petit comité et ne nécessitent pas de prise de notes, en marchant.

Un travail sur l’aménagement des espaces et des postes de travail peut aussi favoriser l’alternance des postures. Ainsi en plaçant les photocopieuses à distance des bureaux, on peut encourager les déplacements. Au niveau des postes, certains équipements peuvent aussi être proposés comme les tables à hauteur réglable, permettant d’alterner le travail assis et debout, ou des vélos de bureau, tapis de marche, ou sièges-ballons pour augmenter la dépense énergétique des collaborateurs à leurs bureaux.

Encourager la sensibilisation

Enfin, l’information et la formation ne doivent pas être négligées. « La posture assise revêt un caractère insidieux puisqu’elle est généralement perçue comme confortable alors même que son maintien contribue à la survenue de nombreuses atteintes à la santé », souligne l’INRS. D’où l’importance de sensibiliser ses salariés aux risques qui lui sont associés.