Les fonds environnementaux attirent toujours plus d’investisseurs

Accords de Paris, article 173 de la loi de transition énergétique et écologique , publication d’études, de rapports, lobbying intensif… Depuis 2015, les investisseurs et les sociétés de gestion peuvent difficilement ignorer les sujets liés au changement climatique. Mais « mobiliser l’épargne au service de la transition écologique et énergétique », comme le répètent à l’envi les responsables politiques et les gestionnaires d’actifs, n’est peut-être plus tout à fait un voeu pieux.

 fonds environnementaux

Certaines prises de position témoignent d’un changement d’état d’esprit. Dans une lettre très remarquée aux plus grandes entreprises, Larry Fink, le patron de BlackRock, les a exhortées à montrer comment elles apportaient une contribution positive à la société . « Il faut changer le capitalisme pour combattre le changement climatique », a ensuite martelé Philipp Hildebrand, le vice-président de la célèbre société de gestion américaine, à l’occasion du forum de Davos.

Certes, dans la réalité, les fonds « environnementaux » sont encore rares. Dans certains pays comme en Allemagne ou à l’Est et au Sud de l’Europe, ils sont même quasiment inexistants. La dernière étude sur l’ISR (investissement socialement responsable) de conviction de Novethic montre néanmoins qu’ils se développent rapidement. En 2017, le taux de collecte des 53 fonds « environnementaux » commercialisés en France a atteint 35 %, selon les données de Novethic. Au total – c’est-à-dire en ajoutant l’effet marché -, les encours des fonds « verts » ont ainsi progressé de 44 %. Fin 2017, les encours sous gestion atteignaient 18,6 milliards d’euros. « Les fonds environnementaux tirent le marché de l’ISR [investissement socialement responsable] de conviction avec une collecte de 4,5 milliards sur l’année, dont 1,8 milliard sur le seul dernier trimestre », constate Novethic.

Encore essentiellement des fonds actions

Les fonds actions représentent encore la quasi-totalité (90 %) des supports d’investissement environnementaux. Avec la multiplication des émissions d’obligations vertes (« green bonds »), les fonds obligataires devraient néanmoins se développer rapidement. « Le marché est désormais bien structuré et les « green bond principles » sont devenus une référence pour la plupart des émetteurs, ce qui a considérablement amélioré la transparence en matière d’allocation des fonds et de reporting », souligne Dominique Blanc, responsable de la recherche chez Novethic. La crédibilité est essentielle dans ce domaine. Des enquêtes montrent en effet que les clients sont prêts à acheter ce type de produits financiers à condition qu’ils offrent des garanties suffisantes, éloignant les risques de greenwashing (positionnement écologique purement marketing).

fond environnementaux

Deux acteurs dominent le marché français des fonds verts : Pictet AM et BNP Paribas AM avec respectivement 5,9 et 4,4 milliards d’encours gérés. Ce sont également eux qui ont le plus collecté en 2017. BNPP AM a attiré 1,6 milliard d’euros, notamment sur sa gamme de fonds Parvest, distribuée aux clients banques privées et aux particuliers. Pictet AM, dopé par l’incontournable Pictet Water (4,8 milliards d’euros d’encours) a collecté 822 millions d’euros. « En volume, la thématique de l’eau domine toujours, mais la dynamique est plus forte pour les fonds axés, dans l’ordre, sur les services environnementaux, l’efficacité énergétique, la gestion des déchets et les énergies renouvelables », nuance Novethic. Quasiment à égalité en termes d’encours gérés dans des fonds verts, BlackRock (1,8 milliard d’euros), RobecoSAM (1,7 milliard) et Amundi AM (1,7 milliard) complètent le Top 5 du marché français.

L’une des difficultés pour les sociétés de gestion – surtout à partir d’une certaine taille de fonds – reste de concilier les contraintes financières en termes de diversification et la rigueur en matière de choix environnemental. « Nous comprenons le besoin de diversification mais nous sommes vigilants, explique Dominique Blanc. Nous avons ainsi exclu de notre étude les fonds avec des spectres d’investissement trop larges. Par ailleurs, le label TEEC est associé à des critères de qualité environnementale très stricts. »

Articles récents

Catégories

2019-01-15T08:47:06+00:0022/09/2018|Categories: Gestion de Patrimoine|Tags: |
Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site. Si vous continuez à utiliser ce dernier, nous considérerons que vous acceptez l'utilisation des cookies. Ok !