L’affacturage, une solution pour financer la reprise ?

Passer par une société d’affacturage permet de financer son besoin en fond de roulement. Un nouvel outil disponible depuis cet automne accélère encore le processus.

Alors que la crise du Covid-19 s’éternise, tous les acteurs économiques espèrent une reprise rapide dès lors qu’il sera possible d’alléger les contraintes sanitaires. Si les restrictions d’activité liées à l’épidémie pèsent déjà sur la trésorerie de certaines entreprises, la relance pourrait paradoxalement créer d’autres difficultés.

« Quand l’activité s’accélère, il faut plus de stock, procéder à la fin du chômage partiel et éventuellement embaucher, verser des acomptes aux fournisseurs…. Le besoin en fonds de roulement de l’entreprise augmente et il faut mobiliser de la trésorerie plus  rapidement », explique Xavier Sicot, expert-comptable chez 3G Gadras, membre de France Défi. L’affacturage peut alors constituer une solution.

Un dispositif accéléré pour faire face à la crise

« Cela consiste à céder ses créances facturées aux clients à un organisme adossé à un établissement financier appelé factor, qui va les financer par avance et récupérer le paiement des factures directement auprès des clients de l’entreprise. En contrepartie, le factor constituera un fonds de garantie et prélèvera des frais et des commissions sur chaque avance consentie selon les conditions du contrat d’affacturage convenu », expose l’expert-comptable. L’objectif ? Obtenir de la trésorerie rapidement. Si cela peut déjà en soi représenter un outil intéressant pour financer la reprise, un dispositif supplémentaire est proposé depuis l’automne dernier : l’affacturage accéléré.

Il permet aux entreprises de bénéficier de financements par les sociétés d’affacturage dès la prise de commandes, sans attendre l’émission des factures correspondantes.

« Cela représente  une avance sur la facturation permettant d’anticiper le financement du besoin en fonds de roulement ; c’est très favorable pour l’entreprise et fluidifier le crédit inter-entreprises » – Xavier Sicot, expert-comptable chez 3G Gadras

Le dispositif est rendu possible grâce à la garantie apportée par l’État aux sociétés d’affacturage sur les sommes qu’elles mettent à disposition des entreprises jusqu’à l’émission des factures.

L’affacturage ouvert à tous

Toutes les entreprises peuvent théoriquement avoir accès à ce financement des commandes, à l’exclusion de celles qui faisaient l’objet d’une procédure collective au 31 décembre 2019 et n’en étaient pas sorti à la mise en place de ce nouvel outil. Néanmoins, les sociétés d’affacturage sont libres d’accepter ou non les demandes. « Plus l’entreprise est crédible, plus elle aura de facilité à négocier avec le factor », pointe l’expert-comptable. Les deux parties signent un contrat qui encadre cette phase de financement de commandes suivie d’une phase d’affacturage classique.

Les commandes financées doivent être « fermes et définitives ». « Selon les dispositions contractuelles, le factor peut le vérifier auprès du client en demandant des documents justificatifs », souligne Xavier Sicot. L’entreprise bénéficiant du dispositif doit en outre s’engager à ce que les commandes concernées donnent lieu à l’émission des factures prévues, au plus tard six mois après la date d’émission de la commande. Cet outil, qui fait partie des mesures d’aide mise en place pour soutenir les entreprises, doit pour le moment être ouvert jusqu’au 30 juin 2021.

La vigilance est de mise

S’il permet d’accélérer encore l’obtention de financements, il devra faire l’objet d’un suivi attentif. « Nous allons devoir être très vigilant sur les plans de trésorerie d’autant plus s’il y a des PGE dont le remboursement va commencer et des reports d’échéances à régler », insiste Xavier Sicot. Sauf pour les entreprises qui recourent à l’affacturage de manière récurrente et délèguent au factor la gestion de leur poste client, afin d’obtenir des commodités de financement, la question est souvent de savoir quand arrêter d’y avoir recours.

« C’est une très bonne solution pour financer la reprise, mais une fois l’activité relancée, l’entreprise doit normalement accéder à une rentabilité suffisante et à un nouvel équilibre financier qui vont lui permettre de sortir progressivement de l’affacturage », analyse l’expert-comptable. D’autant que celui-ci n’est pas neutre pour l’entreprise. Dépôt de garantie, frais et commissions facturés par le factor en font une solution relativement coûteuse.



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