Handicap et contrat d’apprentissage : une piste à creuser pour embaucher

Handicap et contrat d’apprentissage : un duo gagnant ? Entre 2019 et 2021, le nombre d’apprentis en situation de handicap a bondi de 79%, grâce à des mesures très incitatives pour développer et sécuriser ces parcours.

Image par Marianne Bos de Unsplash

Grâce à l’apprentissage, elle a pu vivre son rêve. « Je suis née avec la mucoviscidose, se souvient Laurène Ringue. J’ai été très malade durant toute ma scolarité et c’est seulement à l’âge de 18 ans que j’ai su ce que j’avais. Après mon bac, je rêvais déjà de travailler dans l’informatique mais je vivais en province et je ne connaissais personne. » Éligible à une Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), la jeune femme se tourne vers une agence spécialisée, RQTH Recrutement, avec le rêve de devenir développeuse.

Plusieurs écoles sont disposées à la former à condition qu’elle trouve une alternance. La société Leboncoin lui ouvre alors ses portes plusieurs heures par semaine. « La responsable de la Mission Handicap m’a tout de suite expliqué que j’aurais l’accompagnement et le temps nécessaire pour me soigner quand j’en aurais besoin. À part cela, elle m’a vraiment parlé comme à une salariée comme une autre. » Elle a, depuis, été formée et a signé son CDI.

Handicap et contrat d’apprentissage : des aides financières dédiées

Entre 2019 et 2021, le nombre d’apprentis en situation de handicap a bondi de 79% passant de 4 562 à 8 159, selon les chiffres du ministère du Travail, du Plein emploi et de l’Insertion et du secrétariat d’État chargé des personnes handicapées. Cette progression est due à des mesures développées pour inciter et sécuriser les parcours en apprentissage pour les jeunes en général et les personnes en situation de handicap en particulier. « C’est une excellente porte d’entrée vers l’emploi, confirme Georges-Éric Martinaux, directeur de l’antenne Cap Emploi des Alpes Maritimes. On en fait la promotion auprès des employeurs mais aussi des candidats car il est gagnant-gagnant pour les deux parties. »

Alors que le candidat profite d’une formation pratique complémentaire, l’employeur, lui, bénéficie aussi d’aides financières et d’un allègement de charges. Une aide financière d’un montant maximum de 4 000 €, proratisé au nombre de mois et à compter du sixième mois, est accordée par l’ Agefiph pour la signature d’un contrat d’apprentissage avec une personne handicapée en alternance. Cependant, cette aide est cumulable avec d’autres formes d’aides accordées par d’autres organismes.

Pas de limite d’âge et des profils intéressants

En principe, la durée d’un contrat d’apprentissage varie, selon la qualification préparée, entre 6 mois et 3 ans. Pour faciliter la formation des travailleurs handicapés, certaines règles du contrat d’apprentissage sont aménagées. La limite d’âge pour conclure un contrat – normalement de 29 ans révolus – n’est pas applicable lorsque le contrat est souscrit par quiconque bénéficiant d’une RQTH. Le candidat doit être âgé de 16 ans au minimum, mais sans limite d’âge maximum.

« À 75 %, je vois des profils en quête d’un nouveau projet professionnel adapté à leur situation médicale, décrit notre expert. Cela signifie qu’ils ont souvent acquis un premier cursus de compétences mais doivent changer de domaine. Cela en fait des profils très riches avec une belle expérience, humaine et professionnelle. Pour les deux parties, c’est un dispositif assez confortable avec d’excellents taux de pérennisation des postes. »