Entrepreneurs en détresse : vers quels interlocuteurs se tourner ?

Différentes initiatives viennent en aide aux entrepreneurs en détresse, qui peuvent être fortement déstabilisés sur le plan psychologique.

Image de Roman Melnychuk par Unsplash

Hausses des coûts, inondations destructrices, trésorerie exsangue, procédures judiciaires, malheureusement, les difficultés économiques d’une entreprise affectent aussi la santé mentale de son ou sa dirigeant(e). Quand l’avenir semble bouché, que l’entrepreneur a l’impression de tout perdre, se sent isolé, il peut avoir le sentiment de ne plus pouvoir faire face.

Des dispositifs existent pour accompagner les dirigeants dont l’entreprise traverse des difficultés. L’association SOS Entrepreneur propose ainsi un accompagnement par des spécialistes de la crise, pour les chefs d’entreprise de 2 à 30 personnes en difficultés financières. Une aide technique peut aussi être apportée par les centres d’information sur la prévention des difficultés des entreprises (CIP). Mais des soutiens sont aussi possibles sur le plan humain pour répondre à la détresse psychologique des chefs d’entreprises. C’est le cas notamment grâce au dispositif APESA, Aide Psychologique aux Entrepreneurs en Souffrance Aiguë, créé en 2013.

Entrepreneurs en détresse : repérer la souffrance aiguë

« Quand un dirigeant à qui l’on annonce que la liquidation judiciaire de son entreprise va être prononcée nous dit « je sais ce qu’il me reste à faire… », on ne peut pas rester les bras croisés », explique Marc Binnié, le président de cette association. Greffier au sein d’un tribunal de commerce, il l’a cofondée avec le psychologue clinicien Jean-Luc Douillard.

L’objectif : apporter une réponse en urgence aux entrepreneurs en grande souffrance psychologique. L’association forme des « sentinelles » parmi les professionnels susceptibles de côtoyer des chefs d’entreprise en difficulté. Leur rôle : détecter les signes de la détresse, les idées suicidaires et proposer la mise en contact avec un psychologue, et ce dans un délai très rapide. À la clé, une prise en charge psychologique gratuite.

L’association compte aujourd’hui environ 6 000 sentinelles parmi les professionnels des tribunaux, les experts-comptables, les banquiers et avocats ou encore les membres des chambres consulaires. De nombreux acteurs de l’accompagnement des chefs d’entreprise sont partenaires du dispositif et peuvent les orienter vers l’Apesa, à l’image des CIP, mais aussi d’initiatives locales comme le dispositif Casques Bleus qui propose un numéro d’appel pour les entrepreneurs en difficulté, en Franche-Comté.

Il s’agit ainsi de pouvoir proposer de l’aide à des dirigeants qui ne feraient pas forcément eux même la démarche de consulter un psychologue.

« Il faut arrêter de demander aux gens qui vont mal de faire des démarches. On ne demande pas aux voitures en panne d’aller elles-mêmes chez le garagiste. » – Marc Binnié, président du dispositif APESA

6 800 personnes accompagnées

Rien n’empêche cependant un chef d’entreprise qui en ressent le besoin de contacter lui-même l’association, pour solliciter de l’aide. Plus de 6800 personnes ont déjà bénéficié de son soutien, dont certaines ont témoigné du rôle clef de cette aide à un moment elles ne voyaient plus d’issue à leur situation.

Une fois l’orage passé, d’autres initiatives peuvent aussi aider les entrepreneurs à aller de l’avant. L’association 60 000 Rebonds accompagne ainsi les dirigeants après la liquidation judiciaire de leur entreprise pour les aider à faire éclore de nouveaux projets.