Décarbonation : une aide pour réaliser son premier bilan carbone

Les PME et petites ETI de moins de 500 salariés peuvent se faire accompagner par Bpifrance dans leur décarbonation, en réalisant leur premier bilan carbone à un prix subventionné.

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Pour l’instant, rien n’oblige les entreprises de moins de 500 salariés à réaliser un bilan d’émissions de gaz à effet de serre (BEGES). Pour autant, les arguments ne manquent pas pour se lancer : engager sa transition énergétique, anticiper le durcissement de la réglementation, répondre aux demandes de ses clients et donneurs d’ordres, attirer et maintenir les meilleurs talents…

Le bilan carbone est le point de départ d’une démarche de transition efficace.

Hélène Quillien, cheffe de projet à la direction de l’accompagnement de Bpifrance

En effet, c’est en identifiant les plus grands postes d’émissions de GES que l’entreprise peut définir un plan d’action visant à réduire son impact environnemental.

Un coup de pouce pour les PME et ETI

« Le premier bilan carbone est toujours le plus compliqué à réaliser car il faut créer l’architecture et réunir toutes les données nécessaires. Il est important d’être accompagné dans cette démarche pour avoir une base suffisamment solide », poursuit la cheffe de projet. C’est la raison pour laquelle Bpifrance propose, en partenariat avec l’Ademe et l’Association pour la transition Bas Carbone (ABC), une aide pour réaliser un premier bilan GES. Le Diag Décarbon’Action s’adresse ainsi à toutes les petites entreprises, PME et ETI de moins de 500 salariés à jour de leurs dettes fiscales et sociales, justifiant d’au moins un an d’exercice et n’ayant pas réalisé de bilan GES au cours des cinq dernières années. Le coût du diagnostic (10.000 euros HT) est subventionné à hauteur de 60 % pour les entreprises de moins de 250 salariés et à hauteur de 40 % pour celles de plus de 250 salariés.

Lorsqu’une entreprise veut bénéficier du Diag Décarbon’Action, Bpifrance vérifie son éligibilité puis la met en relation avec l’un des expert(e)s de sa communauté — plus de 250 expert(e)s issus de bureaux d’études ou de cabinets de conseil référencés selon un cahier des charges précis. « L’expert intervient ensuite pendant 12 jours sur une période de six à huit mois. L’accompagnement est structuré en trois phases : identification des émissions directes et indirectes de GES, co-construction d’un plan d’action, et valorisation de la transition, à la fois en termes de communication autour de la démarche et de mise en œuvre des premières actions », détaille Hélène Quillien.

Une opportunité de gagner en résilience

Depuis le lancement du Diag Décarbon’Action fin 2021, plus de 1 200 entreprises ont déjà été accompagnées. Certaines ont notamment été incitées par leurs donneurs d’ordres qui doivent, depuis le 1er janvier 2023, intégrer à leur propre bilan GES les émissions du scope 3. Le scope 3 recouvrant les émissions indirectes liées au transport, aux produits achetés et aux produits vendus, les entreprises soumises à cette obligation ont besoin d’un certain nombre d’informations de la part de leurs fournisseurs.

Au-delà des aspects réglementaires, s’engager dans une démarche de décarbonation est aussi une opportunité« A plus long terme, cela permet d’augmenter la résilience de l’entreprise, par exemple en diminuant sa dépendance aux énergies fossiles ou aux matériaux rares et lointains, et de se prémunir contre l’augmentation du coût du carbone », souligne Hélène Quillien.

Par Jessica Berthereau, Accroche-press, pour France Défi