Covid-19 : entreprises en difficulté, quels dispositifs d’aides vous concernent ?

Activité partielle, fonds de solidarité, prêt garanti par l’État, report des échéances sociales… Pour faire face à la crise, des dispositifs d’urgence permettent aux entreprises en difficulté de garder la tête hors de l’eau.

Depuis le printemps et le premier confinement, la liste des mesures et dispositifs d’urgence en faveur des entreprises en difficulté ne cesse de s’allonger. Il est parfois difficile de s’y retrouver. Le site les-aides.fr, conçu par CCI France – qui recense les aides nationales et locales –, ou le 0806 000 245, le numéro vert d’information aux entreprises, récemment réactivé, constituent des pistes utiles. « Le recours à un professionnel permet d’avoir une information éclairée et de flécher efficacement les aides disponibles », estime Pierre Tourrette, expert-comptable au sein du cabinet Innoliance, membre du groupement France Défi.

Entreprises en difficulté : sécuriser la trésorerie avec des aides directes

En situation d’urgence, il est dans un premier temps essentiel de sécuriser sa trésorerie« La trésorerie, c’est le nerf de la guerre. Un élément nécessaire au fonctionnement quotidien de l’entreprise », rappelle l’expert-comptable. À ce titre, les dispositifs d’aides directes, comme le fonds de solidarité ou les subventions exceptionnelles des collectivités locales et organismes sociaux (Urssaf, Sécurité sociale des indépendants), permettent de donner un peu d’air lorsque la trésorerie est asphyxiée.

Les conditions d’accès au fonds de solidarité ont été étendues à compter du 1er décembre : le critère de taille de l’entreprise ne sera plus retenu pour les entreprises fermées administrativement et les entreprises du tourisme, de l’événementiel, du sport et de la culture subissant une perte de chiffre d’affaires d’au moins 50 %. Les entreprises de moins de 50 salariés qui n’appartiennent pas à ces secteurs mais qui justifient d’une perte de 50 % de leur chiffre d’affaires, continueront de bénéficier d’une aide, pouvant aller jusqu’à 1 500 € au mois de décembre.

“L’avantage de ces aides est qu’elles n’ont pas à être remboursées” – Pierre Tourrette, expert-comptable d’Innoliance

L’expert recommande dans le même temps de reprendre contact avec son banquier, pour geler ou repousser les emprunts en cours. À noter, également, le report du paiement de la cotisation foncière des entreprises (CFE), initialement due le 15 décembre. « Les entreprises, notamment parce qu’elles subissent des restrictions d’activité pour des motifs sanitaires, peuvent obtenir un report de trois mois de leur échéance, sur simple demande », précise Pierre Tourrette.

Les dispositifs bancaires, une fausse bonne idée ?

Pour faire face aux charges et aux frais fixes de l’entreprise qui continuent de courir, cette dernière peut recourir au prêt garanti par l’État (PGE), aux prêts Covid-19 à taux zéro et aux reports d’échéances sociales et fiscales. Le PGE, prêt bancaire d’un an qui peut représenter jusqu’à 25 % du dernier exercice clos, est accessible aux entreprises placées en sauvegarde, redressement judiciaire ou liquidation depuis le 1er janvier 2020. Les procédures collectives  sont également adaptées : la durée maximale de la procédure de conciliation est portée de cinq à dix mois et ce, jusqu’au 31 décembre 2021.

Ces dispositifs permettent de pallier des difficultés immédiates. Mais Pierre Tourrette craint que certaines entreprises soient, à terme, confrontées à un insurmontable mur de la dette lorsqu’il conviendra de commencer à rembourser les emprunts contractés. « Les réelles difficultés sont malheureusement devant nous », présage le professionnel.

Au-delà des aides : anticiper et restructurer

Aussi, selon Pierre Tourrette, il est « d’ores et déjà nécessaire d’anticiper et d’envisager des solutions de restructuration d’entreprise. » Comment ? « En renégociant des loyers. Ou en envisageant aussi une possible réduction d’effectifs. » L’expert-comptable estime qu’au-delà des aides palliatives, « les entrepreneurs seront amenés à envisager de nouveaux modes d’exploitation » et « à se réinventer » pour faire face à la crise.