Bornes de recharge électrique : quelle installation pour votre entreprise ?

Depuis 2015, les entreprises doivent pré-équiper un quota de places pour accueillir des bornes de recharge électrique, conformément au Code de la construction et à la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte.  

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Selon l’association professionnelle Avere-France, 90% des usagers de véhicules électriques se branchent à leur domicile ou sur le lieu de travail. Afin d’inciter les entreprises à adapter leurs infrastructures, une réglementation spécifique a vu le jour. Depuis 2012, les bâtiments neufs ou rénovés à usage tertiaire ou industriel ont l’obligation d’être partiellement pré-équipés (1). Une obligation étendue en 2015 aux bâtiments existants par la loi de transition énergétique pour la croissance verte.

Une obligation de 5% de places équipées d’ici 2025

Promulguée en décembre 2019, la loi d’orientation des mobilités (LOM) est venue renforcer ces obligations pour les bâtiments neufs ou bénéficiant d’une rénovation importante. Si la demande de permis de construire a été déposée après le 11 mars 2021, 20% des emplacements des parkings de plus de 10 places doivent être pré-équipés en bornes de recharge.

D’ici 2025, tous les parkings non résidentiels de plus de 20 places devront avoir 5% de leurs emplacements équipés, dont au moins un accessible aux personnes à mobilité réduite.

 

François Gatineau, président de Mobileese, conseil et bureau d’études indépendant en mobilité électrique

Bornes de recharge électrique : comment choisir son installation ? 

Toutes les bornes de recharge électrique ne sont pas identiques. « Il est essentiel d’en comprendre les caractéristiques avant de faire un achat », note l’expert. On distingue généralement trois types de bornes qui varient selon leur vitesse de charge : les bornes lentes (puissance inférieure à 7 kilowatts), celles à la recharge moyenne (22 kilowatts) et les ultra rapides (150 kilowatts et plus). « Il faut veiller à ce que la puissance soit adaptée au véhicule et ses caractéristiques », prévient l’expert.

Le risque ? Que le dispositif soit peu efficient. « Dans le cas par exemple d’un véhicule disposant d’un chargeur interne triphasé de 11 kW et branché à une borne de 7 kW monophasée, il ne rechargera qu’à la puissance de 3,7 kW. La borne ne proposant qu’une phase et chacune des 3 phases du chargeur interne du véhicule n’acceptant que 3,7 kW maximum, on sera au final loin des 11 kW affichés par le constructeur », éclaire François Gatineau. L’expert recommande ainsi de se faire accompagner par un bureau d’études certifié pour adapter l’architecture électrique existante aux besoins réels de l’entreprise.

Une installation adaptée aux usages

La puissance de la recharge doit aussi être adaptée à l’usage du véhicule. Un commercial qui effectue plusieurs trajets courts aura besoin d’une charge rapide. À l’inverse, un salarié sédentaire se contentera d’une recharge lente et certainement pas tous les jours. « Il faudra peut-être envisager la mise en place d’une politique RH pour gérer les usages des salariés », souligne François Gatineau. Solution alternative : la borne de recharge à domicile. « On voit apparaître des bornes de recharge installées au domicile du collaborateur et louées par l’entreprise avec un système de carte qui permet de défalquer les frais », observe-t-il.

Quel coût d’installation ?

En ce qui concerne le coût de l’installation d’une infrastructure de recharge, il dépend de différents facteurs. On estime en moyenne entre 1 500 euros et 4 000 euros le coût d’une borne de recharge, voire au-delà pour une recharge plus rapide. Certaines aides locales et nationales permettent de réduire l’investissement. La prime Advenir permet notamment aux entreprises d’obtenir un taux d’aide actuellement de 30%, dans la limite d’un montant de 960 euros HT par point de recharge. À noter qu’il est nécessaire de choisir un installateur agréé pour bénéficier de l’aide et de respecter un cahier des charges précis. Afin de faire baisser la facture, « il peut être intéressant de coupler son installation avec un système de production d’électricité en local, avec des panneaux photovoltaïques par exemple », suggère François Gatineau.

(1) Installation de fourreaux, de chemins de câble ou de conduits à partir du tableau général basse tension (TGBT)…